Histoire d’Agonlin
Origine du nom Agonlin

Histoire d’Agonlin


1ère Version
Originaires de Tado qu’ils avaient quitté pour diverses raisons (guerre, famine, etc..), les Ganyé conduits par Adissou et son frère Zéhê s’arrêtèrent à Agon après un bref séjour à Ouègbo. Ils prirent la décision d’émigrer vers une région plus paisible et fertile après trois sécheresses en ce lieu. A leur arrivée sur le plateau de Covè, ils n’ont pas trouvé la paix qu’ils cherchaient, car le plateau était régulièrement pillé par les Nagot. Déçu, Adissou a suggéré à son frère de retourner à Agon. Ce dernier a rétorqué en disant qu’il voudrait mieux s’organiser pour vaincre les Nagot plutôt que de retourner à Agon, car Agon est loin de Covè (Agon – Lin – Covè) d’où le nom Agonlin-Covè.
Des années après et pour presque les mêmes raisons, le chef Amoussou appelé Gan Amoussou a pris la tête de l’autre partie qui était restée à Ouègbo pour émigrer et s’installer enfin non loin d’Agonlin-Covè. Il a ajouté au nom Agonlin son village de provenance Ouègbo, d’où le nom Agonlin-Ouègbo donné au village voisin se situant à l’Est d’Agonlin-Covè. Par l’usage et progressivement le nom Agonlin a fini par s’imposer à toute la région. Plusieurs années après, une partie des Ganyé basés à Agonlin-Ouègbo est repartie se réinstaller à Ouègbo pour fonder le village Ouègbo-Agonlin dans la commune de Toffo.
2ème version
Les Ganyé emportaient les corps des défunts à Agon où ils les enterraient. Au fil des ans, ils ont décidé de ne plus y aller et de n’emporter que les ongles et les cheveux des trépassés pour les y enterrer selon les rites funèbres de Agon. Le prétexte est qu’ils jugent Agon trop éloigné de Covè (Agon-lin-Covè) d’où le nom d’Agonlin-Covè. De nos jours, cette tradition est toujours respectée par les Donkpingans lors des cérémonies d’inhumation traditionnelles au cours desquelles ils répètent : “le chef de collectivité nous invite à convoyer le corps du défunt à Agon et nous sommes déjà à Agon“. Les catholiques d’Agonlin–Covè, eux aussi, sacrifient à cette tradition au cours de leurs cérémonies appelées Mewi-Houindo.
Le nom Agonlin se rattache au village Agon dans la commune de Toffo.
3ème Version
De façon générale l’on parle généralement de la region d’agonlin en République du Benin. C’ est d’ abord à Agonlin – Houégbo dans la commune de Zagnanado que l’ on songe spontanément avant de se tourner vers les communes de Covè et de Ouinhi. L’appellation du nom Agonlin- Houégbo était et reste encore appelé par les autochtones du bas –Bénin à l’ensemble des régions situées entre le Zou et l’Ouémé.
Histoire
À l’époque, la région d’Agonlin était sous la domination des Nagot de Kétou et d’Oyo. Ces derniers y menaient régulièrement des razzias et réclamaient aux populations des produits vivriers et des hommes destinés aux travaux champêtres ou offerts aux divinités (vodoun) lors des rituels et autres cérémonies traditionnelles. Le représentant(Agbadjigbéto) des Nagot serait un certain Alognon. Ce dernier aurait prêté main-forte aux Nagot dans cette besogne de pillage de la région. En contrepartie, Alognon aurait bénéficié de la protection des Nago. Les Agonlinou payaient donc un lourd tribut à ces derniers. Ne pouvant supporter pendant longtemps cette injustice, Zéhê mit sur pied une troupe grâce à l’appui de son ami Akao, spécialiste des arts martiaux. Zéhê, Akao et quelques Agonlinous acquis à la cause entreprirent alors une véritable campagne d’affranchissement de la région d’Agonlin. Après de rudes combats, Zéhê et ses hommes mirent en déroute les Nagot et les empêchèrent désormais de revenir à Agonlin réclamer le tribut dont ils accablaient les populations. Des Nagot capturés, Zéhê a utilisé sept pour ériger la divinité tolègba installée à l’entrée-ouest de la région. Cette divinité tolègba nommée Kplékpan ( nagot mis ensemble et enfouis dans le sol ) est une divinité de guerre et de protection. Elle reçoit jusqu’à aujourd’hui et quotidiennement des offrandes en raison de ses bienfaits. Elle est d’ailleurs la plus célèbre de la région d’Agonlin. Un autre Nagot capturé a servi à l’érection de la divinité Aïzan au milieu du marché Azogotchébou d’Agonlin-Covè créé par Zéhê.
Explication du nom Azogotchébou donné à ce marché par Zéhê : un jour, Ganyé Zéhê, en compagnie de son ami Dada Akao de Naogon, perdit sa tabatière peu après sa demeure à Dessa, actuelle place du “Rond Point“. Il ne s’en rendit compte que bien plus tard dans la soirée. Il dépêcha alors l’un de ses fils à Naogon pour s’assurer de la présence de la tabatière auprès de Akao. Celui-ci, étonné, suivit aussitôt le commissionnaire pour s’expliquer à Zéhê. Les deux amis, retournant sur leur pas à l’endroit où ils s’étaient arrêtés pour longuement causer, retrouvèrent la tabatière. Zéhê, en souvenir de cet évènement, créa ce marché du nom Azogotchébou (ma tabatière est perdue). Azogotchébou est le plus grand marché de la région Agonlin et constitue le lieu de convergence des populations à l’occasion des cérémonies traditionnelles les plus importantes de la région telles que : la cérémonie Atomèyiyi, la cérémonie de purification et d’exorcisme dite Azongnigni etc...
Après la victoire sur les Nagot, Zéhê décida de mettre la main sur leur représentant. Ayant appris que Zéhê le recherchait, il s’enfuit. Zéhê et sa troupe le pourchassèrent et l’appréhendèrent au niveau d’Azanhomè vers Dovi-Dovè. Après sa capture, Alognon a été confié à Akao pour sa garde. Mais quelques jours après, il rendit l’âme. Ce fait historique est conté dans des chansons bien connues (Adjanou é hou Alognon bo yi agonlin to ni Zéhê, les gens de Naogon ont tué Alognon pour concéder la région Agonlin à Zéhê).
Pour avoir supprimé le tribut versé aux Nagot et libéré Agonlin de la domination de ces derniers, Zéhè a acquis une grande notoriété. Il est appelé libérateur du peuple d’Agonlin et est devenu le chef suprême de la région, depuis lors, tout le peuple d’Agonlin s’est soumis à son autorité. Ainsi commença le réel exercice du pouvoir de Zéhê sur Agonlin.
Des années après cette victoire sur les Nagot, Zéhê s’était retrouvé en face d’un nouvel envahisseur. Il s’agissait du roi Akaba du Danhomè (1685-1708). Fidèle à sa politique expansionniste et voulant étendre son hégémonie à toutes les régions du sud, ce dernier n’a pas épargné Agonlin. Ayant constaté que le rapport des forces n’était pas en sa faveur parce que ne disposant pas de moyens suffisants pour résister, Zéhê privilégia la voie diplomatique plutôt que la fuite ou l’option militaire qui aurait pu entraîner une effusion de sang et de pertes en vies humaines pour son peuple. Il décida alors de se rendre à Danhomè pour négocier l’autonomie d’Agonlin et sceller un pacte de non agression entre Agonlin et Danhomè. Mais contre toute attente, Akaba exigea la tête de Zéhê. Son sang devait être versé pour sceller le pacte qu’il a voulu négocier. Toute tentative de faire revenir Akaba sur sa décision a été vaine. Au moment du sacrifice, le sabre qui devait servir à couper la tête de Zéhê ne rentait pas dans son corps. Se souvenant d’une révélation qui lui aurait souligné le caractère ensanglanté de sa mort, Zéhê laissa s’accomplir son destin en révélant l’objet qui pouvait rentrer dans son corps. C’était le chiendent. Après l’avoir passé sur son cou, la tête de Zéhê tomba. Cet évènement émouvant et historique glorifié dans des chansons et panégyrique (Zéhê zé ta ton sô hô agonlin to nan, Zéhê a payé de sa vie l’autonomie d’Agonlin) s’était passé vers 1690 et marqua profondément l’histoire du royaume d’Agonlin. Vu son amour et son attachement à Agonlin et son peuple, Zéhê a accepté de verser son sang pour la paix et l’autonomie d’Agonlin.
Environ deux sécheresses après l’exécution de Zéhê, son fils aîné Bossou est allé réclamer la tête de son père à Akaba. Impressionné par l’audace du jeune Bossou, Akaba accepta de lui rendre la tête pourvu qu’il parvienne à identifier le crâne de son père. Une erreur de distinction lui serait fatale. S’étant préparé sur le plan occulte, Bossou a réussi à identifier le crâne et l’a pris victorieusement. Troublé par l’exploit et le succès de Bossou, Akaba laissa entendre que Bossou serait Baba (Chef) s’il était Nagot. Tous les rituels d’intronisation ont été faits à Bossou. Ensuite, Akaba lui remit le crâne de son père tant recherché et un trône symbolisant la puissance et le pouvoir de Bossou sur Agonlin. Consacré roi d’Agonlin sous le nom fort de Dada Anagonou Baba Zéhê II, il revint dans la région, inhuma le crâne de son père au village Ninholi où la tombe de Ganyé Zéhê a été creusée et organisa le royaume. En 1982, Toyi Zéhê XVI érigea sur la tombe de Zéhê un bâtiment à étage pour honorer la mémoire du fondateur du royaume d’Agonlin. Aujourd’hui, la descendance d’Adissou Gandanwin et de Ganyé Zéhê compte de nombreuses familles.

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